À Mbujimayi, dans la province du Kasaï Oriental, une voix s’élève pour briser le silence autour de l’albinisme et des discriminations persistantes qui frappent les personnes vivant avec cette condition génétique. Cette voix est celle de Gédéon Kabongo, écrivain albinos, qui plaide pour une reconnaissance audacieuse : considérer l’albinisme comme une race à part entière afin de lutter efficacement contre la stigmatisation.
Selon Gédéon Kabongo, qui s’est exprimé sur Top Congo Mbujimayi samedi 24 Janvier 2026, la marginalisation des personnes vivant avec albinisme trouve sa source dans l’ignorance, les préjugés et les croyances erronées profondément ancrées dans certaines communautés. Il estime que la reconnaissance symbolique de l’albinisme comme une race distincte pourrait contribuer à changer le regard de la société et à réduire les discriminations dont ces personnes sont victimes au quotidien.
L’écrivain dénonce avec fermeté les violences physiques, les traitements inhumains, l’exclusion sociale et les atteintes à la dignité humaine subies par les personnes atteintes d’albinisme, aussi bien en milieu urbain que rural. « Trop souvent, nous sommes rejetés, moqués ou exposés à des dangers simplement à cause de notre apparence », déplore-t-il.
Au-delà du débat sur la notion de race, Gédéon Kabongo appelle surtout à une prise de conscience collective. Il invite les autorités publiques, les leaders d’opinion, les acteurs de la société civile ainsi que les communautés locales à s’engager davantage pour la protection des droits, le respect de la dignité humaine et l’inclusion sociale des personnes vivant avec albinisme.
Pour lui, la lutte contre la stigmatisation passe par l’éducation, la sensibilisation et des politiques publiques adaptées, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la sécurité. « Les personnes albinos ne demandent pas de privilèges, mais l’égalité et le respect », insiste-t-il.
À Mbujimayi comme ailleurs en République démocratique du Congo, cette sortie médiatique relance un débat sensible mais nécessaire, dans un contexte où les personnes vivant avec albinisme continuent de faire face à de multiples formes de discrimination. Un appel fort à la société congolaise pour bâtir un vivre-ensemble fondé sur le respect, la tolérance et la reconnaissance de la différence.






