Sous les auspices du président américain Donald Trump, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, le 4 décembre à Washington, un accord de paix présenté comme « historique » par la Maison-Blanche. Mais derrière l’enthousiasme affiché par l’administration américaine, la méfiance entre Kinshasa et Kigali reste profonde, tandis que les violences se poursuivent dans l’Est congolais.
La cérémonie s’est tenue dans les salons de l’Institut des États-Unis pour la paix, rebaptisé pour l’occasion « Institut Donald Trump pour la paix ». Donald Trump a salué « un grand miracle » censé mettre un terme à l’un des conflits les plus meurtriers du continent africain. Une lecture optimiste qui contraste avec l’attitude réservée des deux principaux signataires.
Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont évité tout contact direct, refusant même de se serrer la main devant les caméras. Une froideur remarquée, au point que Donald Trump s’est permis une remarque ironique : « Regardez comme ils s’aiment l’un l’autre ». Une scène qui illustre la profondeur des tensions politiques et diplomatiques entre les deux pays voisins.
Présents comme témoins de la signature, les présidents burundais Évariste Ndayishimiye et kényan William Ruto ont affiché une prudence notable. « S’engager sur un plan de paix est une chose, le mettre en œuvre en est une autre », a souligné le chef de l’État burundais, rappelant implicitement les nombreux accords restés sans effets durables dans la région.
Sur le terrain, la situation demeure préoccupante. Dans l’Est de la RDC, les combats continuent, les groupes armés restent actifs et les populations civiles subissent toujours les conséquences de l’insécurité chronique. Ces réalités fragilisent davantage la portée de cet accord, conclu sous forte pression américaine.
Sans mécanismes clairs de suivi, ni garanties contraignantes, cet accord risque de rejoindre la longue liste des engagements diplomatiques peu appliqués dans la région des Grands Lacs. Pour les Congolais, la paix ne se décrétera pas à Washington, mais se vérifiera sur le terrain, à travers la fin effective des violences et le retour durable de la sécurité.






